Les “red flags” qu’on ne voit pas : comprendre nos propres comportements problématiques
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Dans le langage populaire, on parle souvent de red flags pour désigner des comportements problématiques dans une relation. Pourtant, on oublie parfois de porter ce regard vers soi-même. Reconnaître nos propres schémas relationnels est pourtant essentiel pour mieux comprendre nos réactions, nos besoins et la manière dont nous nous engageons émotionnellement.
Identifier ces comportements n’a rien d’un jugement. Il s’agit plutôt d’une occasion de
mieux se connaître et d’améliorer la qualité de nos relations, qu’elles soient amoureuses, amicales ou familiales.
Qu’entend-on par “comportements problématiques internes” ?
Dans une perspective clinique, les comportements souvent appelés red flags peuvent être compris comme des mécanismes de protection émotionnelle. Ce sont des réactions automatiques, souvent inconscientes, qui se sont développées dans notre histoire personnelle pour nous aider à faire face à l’insécurité, à la vulnérabilité ou à des expériences relationnelles difficiles.
Ces mécanismes ne sont pas des défauts. Ils reflètent des besoins légitimes : besoin de sécurité, de validation, d’appartenance, de stabilité. Cependant, lorsque ces stratégies ne sont plus adaptées à notre réalité actuelle, elles peuvent créer des tensions dans nos relations.
Des mécanismes internes qui peuvent fragiliser une relation
1. La jalousie
La jalousie est une réaction émotionnelle fréquente. Elle peut se manifester lorsqu’on a peur de perdre l’autre, de ne pas être “assez”, ou lorsqu’on craint la comparaison.
Elle peut amener à :
chercher de la réassurance de manière répétée
analyser les comportements de l’autre comme s’ils étaient des signes de désintérêt
ressentir une insécurité constante
Origines possibles : insécurité personnelle, expériences de rejet, blessures d’attachement, trahisons passées.
2. Le besoin de contrôle
Le besoin de contrôle n’est pas toujours lié au désir de dominer. Souvent, il s’agit d’une stratégie pour retrouver un sentiment de sécurité lorsque l’imprévisibilité ou la perte de contrôle déclenche de l’anxiété.
On peut observer :
une difficulté à déléguer ou à faire confiance
une tendance à vouloir tout prévoir
une hypervigilance dans la relation
Origines possibles : environnement instable dans l’enfance, imprévisibilité relationnelle, anxiété, expériences marquantes.
3. Le retrait émotionnel
Certains individus réagissent à la tension ou à la vulnérabilité en se retirant. Ce retrait peut être perçu comme de l’indifférence, alors qu’il est souvent une façon de se protéger.
Il peut apparaître sous forme de :
distance émotionnelle
évitement des discussions profondes
besoin de solitude en période de stress
Origines possibles : peur d’être envahi, difficulté à tolérer des émotions intenses, invalidation émotionnelle dans l’enfance.
4. La dépendance affective
La dépendance affective se manifeste par un besoin intense d’être rassuré, validé ou approuvé par l’autre.
Cela peut inclure :
la peur de la solitude
une difficulté à prendre des décisions seul
la tendance à s’effacer dans la relation
Origines possibles : faible estime de soi, attachement insécurisant, manque de constance affective dans l’enfance.
Pourquoi développe-t-on ces comportements ?
Ces mécanismes trouvent souvent leurs racines dans l’histoire personnelle. Ils ont pu être utiles à un moment donné : protéger, rassurer, stabiliser. Cependant, ce qui a fonctionné dans un certain contexte peut devenir limitant dans un autre.
Il ne s’agit pas de “blâmer” l’histoire, mais de comprendre que :
chaque comportement a une fonction
chaque réaction répond à un besoin
ces automatismes ne reflètent pas notre valeur, mais notre vécu
Cette compréhension est une étape essentielle vers le changement.
Dépathologiser : reconnaître ces mécanismes sans se juger
Avoir des comportements qui rendent la relation plus difficile ne signifie pas être “toxique”. Ces réactions sont souvent des réponses humaines normales à des émotions complexes ou à des expériences difficiles.
La perspective clinique privilégie :
la nuance
la contextualisation
la bienveillance envers soi
l’idée que ces comportements peuvent évoluer
On ne choisit pas toujours nos schémas, mais on peut choisir de les travailler.
Comment reconnaître ses propres schémas relationnels ?
1. L’observation de ses réactions
Quels sont les moments où vous vous sentez le plus vulnérable ? Qu’est-ce qui déclenche des réactions fortes ?
2. Le journaling émotionnel
Noter ce que vous ressentez dans certaines situations peut aider à identifier les déclencheurs et les croyances sous-jacentes.
3. L’analyse des patterns répétitifs
Re venez-vous toujours à certains comportements, malgré des intentions différentes ?Qu’est-ce que cela dit de vos besoins ?
4. L’identification des besoins non comblés
Derrière chaque mécanisme se trouve un besoin légitime : sécurité, validation, autonomie, amour, reconnaissance.
Le rôle de la psychothérapie individuelle
La psychothérapie offre un espace sécuritaire pour :
comprendre l’origine de ces mécanismes
apprendre à les reconnaître lorsqu’ils s’activent
développer de nouvelles façons de réagir
consolider une sécurité intérieure plus stable
améliorer la qualité de ses relations
Accompagné d’un.e psychologue, il devient possible d’explorer ses comportements avec nuance, sans jugement, et dans un environnement professionnel bienveillant.
Conclusion
Comprendre ses propres “red flags” internes, ou plus précisément, ses mécanismes de protection émotionnelle, est un processus profondément transformateur. Cela permet d’améliorer sa relation à soi, d’offrir davantage de clarté à ses relations et de développer une manière d’aimer plus consciente, plus stable et plus sereine.
Explorer ses schémas relationnels est un processus délicat qui mérite d’être soutenu. Nos psychologues offrent un accompagnement professionnel et confidentiel pour vous aider à mieux comprendre vos mécanismes internes et à favoriser des relations plus équilibrées.
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