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Couples “neurodivergents” : comprendre les enjeux lorsque l’un des partenaires présente un profil neurodéveloppemental

  • Photo du rédacteur: Amélie Kijek
    Amélie Kijek
  • 19 nov.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Couple uni, représentant les enjeux et le soutien mutuel dans les couples “neurodivergents"


Petite précision avant de commencer :

Le terme « neurodivergent » ou "couples neurodivergents" est aujourd’hui très répandu et utile pour parler de diversité cognitive. Toutefois, il ne s’agit pas d’un terme diagnostique officiel et il n’apparaît pas dans le DSM-5. En clinique, on parle plutôt de profils neurodéveloppementaux, comme le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) ou le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA).


Ces particularités peuvent influencer la communication, la régulation émotionnelle, la gestion sensorielle et la dynamique conjugale. Elles ne sont pas des obstacles à la relation : elles demandent simplement une compréhension et des stratégies adaptées.


  1. Comprendre les profils neurodéveloppementaux au sein du couple


TDAH : un fonctionnement exécutif qui influence la relation


Le TDAH se manifeste à travers des particularités neurocognitives touchant :

  • l’attention soutenue,

  • la mémoire de travail,

  • la gestion du temps et des tâches,

  • la régulation émotionnelle,

  • l’impulsivité.


Dans le contexte conjugal, cela peut mener à des oublis, des difficultés à suivre certaines conversations ou une impulsivité dans les échanges. Il s’agit toutefois de facteurs neurocognitifs, non d’un manque d’effort ou d’intérêt. Et c’est justement là que les choses peuvent devenir difficiles dans un couple : pour le partenaire, il n’est pas toujours simple de faire la différence entre un oubli lié au TDAH, et ce qui pourrait sembler, à première vue, être un manque d’investissement. Cette confusion est tout à fait normale. Sans connaissances du fonctionnement neurodéveloppemental, il est humain d’interpréter ces comportements avec nos repères habituels.


Comprendre que certaines réactions découlent du fonctionnement du cerveau, et non d’un désengagement affectif, permet de réduire énormément la tension, les reproches et les malentendus. C’est souvent un premier pas essentiel pour rétablir une dynamique plus bienveillante et plus réaliste au sein du couple.


TSA : une communication différente et des besoins sensoriels spécifiques


Les partenaires présentant un TSA peuvent avoir :


  • une communication plus directe ou littérale,

  • des défis liés aux sous-entendus et à la communication non verbale,

  • une sensibilité sensorielle accrue,

  • un besoin important de prévisibilité et de routine.


Ces éléments peuvent générer des malentendus, surtout si le partenaire neurotypique interprète les comportements sans connaître le fonctionnement autistique. Et c’est tout à fait compréhensible : lorsqu’on ne sait pas qu’une personne peut avoir du mal à décoder les non-dits, qu’elle peut être submergée par certaines stimulations ou qu’elle a besoin de prévisibilité pour se sentir en sécurité, il est facile d’interpréter ses réactions selon nos propres repères. Ce qui, pour un partenaire, est une stratégie de régulation (se retirer un moment, rester très direct, éviter certains contextes) peut être perçu par l’autre comme de la froideur, un manque d’intérêt ou une absence d’empathie.


Dans la réalité, il s’agit souvent d’un fonctionnement neurologique différent, pas d’un désinvestissement affectif. Le simple fait de comprendre ces mécanismes permet au couple d’interpréter les comportements plus justement, de réduire les blessures involontaires et de renforcer la connexion.


Particularités non diagnostiques


Certaines personnes qu’elles soient ou non neurodéveloppementales présentent aussi une sensibilité émotionnelle ou sensorielle plus élevée. Ce ne sont pas des diagnostics, mais des traits pouvant affecter la dynamique relationnelle.


  1. Couples neurodivergents : respecter les besoins de chacun pour un meilleur équilibre


Même lorsque l’un des partenaires présente un profil neurodéveloppemental, il est important de rappeler que l’autre partenaire a lui aussi des besoins légitimes, qu’il soit neurotypique ou non. Avoir davantage de flexibilité, de spontanéité, de connexion émotionnelle ou de constance dans la communication ne relève pas d’exigences excessives : ce sont des besoins humains de base.


Parfois, dans les couples où les fonctionnements diffèrent, l’attention se concentre principalement sur les défis du partenaire TDAH ou TSA, ce qui est naturel et nécessaire pour mieux comprendre la dynamique. Mais cela peut mener, sans qu’on s’en rende compte, à mettre de côté les besoins du partenaire neurotypique, qui peut alors se sentir épuisé, seul dans la gestion du quotidien ou “trop exigeant”.


Reconnaître cette réalité est essentiel : les deux partenaires ont droit à un espace émotionnel, à de la compréhension, à de la stabilité et à une communication sécurisante. Ce n’est pas parce que l’un nécessite des ajustements liés à son fonctionnement neurodéveloppemental que l’autre doit s’effacer ou ignorer ses propres limites.


Une relation saine repose sur un double mouvement :

  • comprendre les particularités neurocognitives de l’un,

  • et reconnaître les besoins affectifs, relationnels et pratiques de l’autre.


C’est cet équilibre (et non l’adaptation à sens unique) qui permet au couple de fonctionner réellement sur le long terme.


  1. Les défis relationnels les plus fréquents


Différences dans la communication

Les profils TDAH ou TSA peuvent interpréter les échanges différemment, parfois de manière littérale ou avec une difficulté à décoder les signaux non verbaux. Cela peut entraîner des malentendus, même en l’absence de conflit.


Charge mentale et fonctions exécutives

Les défis liés à l’organisation, à la planification ou à la gestion du quotidien peuvent mener à une répartition inégale des tâches. Ce n’est pas volontaire : il s’agit d’une limite cognitive bien documentée.


Fatigue sensorielle ou cognitive

Dans les profils TSA et certains profils TDAH, une surcharge sensorielle ou informationnelle peut mener à un retrait temporaire. Il s’agit d’une stratégie de régulation, souvent mal interprétée comme un retrait affectif.


Régulation émotionnelle différente

Le TDAH peut entraîner une réactivité émotionnelle accrue, tandis que des profils TSA peuvent exprimer leurs émotions de manière plus discrète. Ces différences exigent une compréhension mutuelle.


  1. Stratégies pour soutenir la relation


  • Encourager une communication explicite

Clarifier les besoins, éviter les sous-entendus, verbaliser les attentes et utiliser des supports visuels au besoin.


  • Adapter la répartition des responsabilités

Privilégier des outils structurés (agendas partagés, routines, listes visuelles) pour compenser les défis exécutifs.


  • Respecter les besoins sensoriels et cognitifs

Prévoir des moments de calme, de décompression ou de solitude, sans interprétation négative.


  • Considérer un accompagnement spécialisé

La thérapie adaptée aux profils neurodéveloppementaux aide à éviter les interprétations erronées, à comprendre les mécanismes en jeu et à développer des stratégies relationnelles efficaces.



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Nos psychologues et neuropsychologues vous accueillent dans un espace bienveillant et professionnel pour un accompagnement adapté à vos besoins.


Nos services utiles dans ce contexte


Pour améliorer la communication, réduire les malentendus, et développer des stratégies adaptées à la réalité du couple.


Pour mieux comprendre son fonctionnement individuel, travailler la régulation émotionnelle et soutenir l’équilibre relationnel.


Pour cibler les forces et défis cognitifs (attention, organisation, fonctions exécutives) et offrir des stratégies concrètes.


Elle permet une compréhension claire et rigoureuse du fonctionnement cognitif et guide les interventions.


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Notre adresse :


L'interphase - Clinique de psychologie et de neuropsychologie

410 Rue St Nicolas, Montréal, QC, Canada


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