Développement affectif de l’enfant : comment parler d’amour et encourager des liens sains
- Amélie Kijek
- 26 janv.
- 4 min de lecture

Développement affectif • Modèle parental • Importance des mots
Les premières expériences relationnelles d’un enfant jouent un rôle déterminant dans la façon dont il développera sa capacité à créer, maintenir et comprendre des liens affectifs. Parler d’amour aux enfants ne consiste pas simplement à multiplier les démonstrations d’affection ; il s’agit d’offrir un cadre relationnel sécurisant, un modèle relationnel cohérent et un langage affectif clair.
Cet article propose un regard clinique et nuancé sur la manière de soutenir un développement affectif sain dès l’enfance.
1. Développement affectif de l’enfant : comment se construisent les repères relationnels
Dès les premiers mois de vie, l’enfant apprend :
comment l’amour est exprimé,
comment l’affection circule dans une famille,
comment on se rapproche d’un autre,
comment on répare une rupture (ex. : après un conflit),
comment il peut exister en relation avec les autres.
Ce développement affectif repose sur plusieurs compétences en construction :
la reconnaissance des émotions,
la capacité à demander du réconfort,
la compréhension des intentions de l’autre,
le sentiment d’être digne d’attention et de soutien,
la croyance que les relations peuvent être stables.
Pourquoi les mots comptent ?
Parce que le langage fournit à l’enfant une structure interne pour comprendre ce qu’il ressent et ce qu’il vit. Les mots clarifient les émotions et rendent l’expérience relationnelle plus prévisible.
2. Le modèle parental : un apprentissage par observation
Les enfants apprennent avant tout en observant. Ils intériorisent :
la manière dont les adultes expriment leur affection,
la façon de gérer les désaccords,
la disponibilité émotionnelle des figures parentales,
l’importance accordée à l’écoute,
le respect du rythme de chacun.
Il ne s’agit pas de viser la perfection, mais la cohérence.
Ce que le modèle parental transmet :
La sécurité affective L’enfant observe :« Quand quelqu’un m’aime, il est présent, il m’écoute, il me respecte. »
La gestion des émotions Les enfants apprennent à calmer leur propre détresse en voyant un adulte gérer la sienne de façon stable.
La valeur des limites et du respect mutuel Le cadre parental montre que l’amour n’est pas synonyme d’absence de limites, mais de relations contenantes et stables.
La réparation relationnelle Voir un adulte s’excuser ou nommer ce qui s’est passé enseigne que les relations peuvent traverser des tensions sans être fragilisées.
3. L’importance des mots : donner un langage aux émotions et aux liens
Parler d’amour aux enfants ne se résume pas à dire “je t’aime”. Cela inclut un ensemble de messages verbaux qui soutiennent la construction de leur identité relationnelle.
a) Nommer ce qu’ils vivent
Exemples :
“Tu sembles déçu.”
“Tu avais besoin de proximité.”
“Tu es fier de toi.”
Ces mots valident l’expérience émotionnelle et renforcent la capacité à l’exprimer.
b) Différencier l’enfant de ses comportements
Cela protège l’estime de soi. Ex. :
“Ce comportement-là n’était pas acceptable, mais je t’aime toujours.” et non
“Tu es mauvais.”
L’enfant comprend que l’amour demeure constant.
c) Introduire des nuances
Les enfants apprennent ainsi que les relations ne sont pas “tout ou rien”.
“On peut s’aimer et être en désaccord.”
“On peut t’aimer même si on se sent fatigué.”
Ces nuances sont essentielles pour développer des liens plus stables à l’âge adulte.
d) Valoriser les efforts relationnels
“J’ai vu que tu as partagé, c’était gentil.”
“Tu t’es approché pour réconforter ton ami, c’est important.”
On renforce ainsi la capacité à créer des relations empathiques.
4. Quand les parents sont séparés : offrir un cadre non culpabilisant
Un développement affectif sain ne dépend pas d’une structure familiale idéale ou “traditionnelle”. Les enfants de parents séparés se développent affectivement très bien lorsque leurs relations avec les adultes qui les entourent restent stables, chaleureuses et cohérentes.
Dans un contexte de coparentalité, soutenir les liens affectifs implique :
de rappeler à l’enfant que l’amour des parents pour lui est constant ;
de le protéger des conflits et des tensions ;
de lui permettre d’aimer chacun de ses parents sans devoir choisir ;
de nommer clairement : « Notre couple a changé, mais notre amour pour toi ne change pas. »
Les études montrent que ce qui protège le mieux l’enfant, ce n’est pas l’unité familiale en soi, mais la qualité du lien avec ses figures parentales.
5. Encourager des liens sains : les principes clés
Les liens sains se construisent progressivement. Ils reposent sur des messages et des expériences répétées.
a) La disponibilité émotionnelle
Montrer que l’enfant peut venir chercher du réconfort sans être jugé ou ignoré.
b) La prévisibilité
Une certaine constance dans les règles et les réponses parentales diminue l’insécurité.
c) La validation émotionnelle
Accueillir les émotions sans minimiser (“ce n’est pas grave”) ni dramatiser.
d) Le respect du rythme de l’enfant
Tous les enfants n’expriment pas l’affection de la même façon ni au même moment.
e) La réparation relationnelle
Nommer ce qui s’est passé après un conflit et rétablir le lien enseigne la résilience affective.
Conclusion : parler d’amour, c’est offrir des repères relationnels solides

Parler d’amour aux enfants, c’est :
soutenir le développement affectif de l'enfant
offrir un modèle cohérent de relations saines,
leur donner un langage intérieur pour comprendre et exprimer leurs émotions,
renforcer leur estime de soi,
les aider à construire, plus tard, des liens adultes stables et respectueux.
L’enfant n’a pas besoin d’un discours parfait, mais d’un environnement où l’amour est explicite, stable et incarné.
C’est dans la répétition de gestes simples, de mots nuancés et de présences régulières que se bâtissent les fondations affectives les plus solides.
Notre approche
À l’interphase, notre équipe pluridisciplinaire est composée de neuropsychologues, de psychologues et d’intervenantes spécialisées dans l’évaluation et l’accompagnement des peurs et des phobies.
En psychoéducation, Béatrice Villemure offre un accompagnement individualisé visant à soutenir la gestion des émotions chez les jeunes, tout en guidant les parents dans l’implantation de stratégies concrètes à la maison.
Du côté de la psychologie, Noémie Lardinois, Marie-Andrée Rousseau et Samera Bijjou interviennent auprès des enfants et de leurs familles en proposant des approches thérapeutiques adaptées aux profils et aux besoins spécifiques.
Avec un accompagnement adapté et des outils concrets, votre enfant peut progresser et la vie familiale peut redevenir plus sereine. Vous n’êtes pas seul.e.
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410 Rue St Nicolas, Montréal, QC, Canada

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