TOP vs TDAH : Comment faire la différence ?
- Amélie Kijek
- 1 déc. 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 janv.
Comprendre pour mieux accompagner son enfant

Il n’est pas rare que des parents nous consultent parce qu’ils se sentent dépassés par le comportement de leur enfant : crises fréquentes, oppositions constantes, agitation, impulsivité, difficultés à l’école… Plusieurs se demandent : « Est-ce un TDAH ? Est-ce un TOP ? Est-ce un mélange des deux ? »
Ces questions sont légitimes, et elles reflètent une réalité clinique bien connue : le Trouble oppositionnel avec provocation (TOP) et le Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) peuvent se ressembler… mais ils ne relèvent pas des mêmes mécanismes.
Cet article propose un regard clair et nuancé, fondé sur le DSM-5 et sur notre expérience en psychologie, neuropsychologie et psychoéducation auprès des enfants, des adolescents et de leurs parents. L’objectif : vous aider à comprendre ce qui se joue réellement, et à identifier quel type de soutien pourrait être pertinent pour votre famille.
Comprendre le TDAH : un trouble de la régulation attentionnelle et exécutive
Le TDAH, tel que défini dans le DSM-5, est un trouble neurodéveloppemental. Cela signifie que son origine se situe principalement au niveau du fonctionnement cérébral, de l’autorégulation et des fonctions exécutives. L’enfant ne manque pas de volonté : il n’arrive pas toujours à contrôler son niveau d’attention, son impulsivité ou son activité motrice.
Selon le DSM-5, les symptômes doivent :
être présents depuis l’enfance (avant 12 ans),
se manifester dans plus d’un milieu (école + maison, par exemple),
et causer une réelle interférence avec le fonctionnement quotidien.
Un enfant qui souffre d’un TDAH peut :
perdre le fil rapidement,
oublier ce qu’on lui a demandé,
s’agiter sans le vouloir,
réagir impulsivement,
avoir de la difficulté à terminer ce qu’il commence.
Ce n’est pas de la provocation : c’est une difficulté à se contrôler, souvent involontaire.
Comprendre le TOP : un trouble de la relation, des émotions et de l’opposition
Le TOP, dans le DSM-5, appartient aux troubles du comportement. On y retrouve trois grandes dimensions :
irritabilité (se fâcher vite, se sentir facilement attaqué),
opposition (argumenter, contester, refuser activement les règles),
provocation ou vindicte (chercher à provoquer ou à blesser verbalement dans certains cas).
Contrairement au TDAH, où la difficulté vient de l’autorégulation interne, le TOP relève plutôt :
de la gestion émotionnelle,
de la dynamique relationnelle,
et de la façon dont l’enfant entre en interaction avec l’autorité.
Un enfant avec un TOP peut très bien se concentrer et être parfaitement calme… sauf lorsqu’une règle, une limite ou une consigne survient. L’opposition devient alors une manière d’exprimer son malaise, sa frustration ou un besoin de contrôle.
Le parent se sent souvent démuni, parfois même remis en question comme si « rien ne fonctionnait ». C’est un vécu très fréquent, et surtout, ce n’est pas un échec parental. Un enfant avec un TOP réagit différemment aux interventions traditionnelles, et cela demande des stratégies particulièrement adaptées.
TOP vs TDAH : deux réalités différentes, mais souvent entremêlées
S’ils sont différents, le TOP et le TDAH peuvent parfois se présenter ensemble. En clinique, on observe que jusqu’à 40 à 60 % des enfants ayant un TDAH présentent aussi des comportements oppositionnels.
Pourquoi ?
L’impulsivité du TDAH peut mener à des conflits.
Les échecs répétés provoquent de la frustration → donc de la colère.
La dynamique parent-enfant s’envenime peu à peu.
L’enfant développe des stratégies oppositionnelles pour compenser.
Dans ces situations, il devient très difficile pour les parents de démêler ce qui relève du TDAH et ce qui est le fruit d’un TOP réellement installé. C’est là qu’une évaluation professionnelle devient pertinente.
Comment distinguer clairement le TOP du TDAH ?
L’importance d’une évaluation complète
Dans notre clinique, nous utilisons une approche multidisciplinaire pour comprendre chaque enfant dans sa globalité.
Elle permet de mesurer objectivement :
l’attention,
l’impulsivité,
les fonctions exécutives,
le profil cognitif.
Cela permet d’identifier clairement la présence ou non d’un TDAH.
2. L’évaluation comportementale et la psychothérapie
Elle analyse :
la nature des comportements,
les déclencheurs,
les schémas relationnels,
les moyens d’expression de l’enfant,
les réactions familiales.
Elle permet de comprendre si l’opposition observée correspond réellement aux critères DSM-5 du TOP.
Un enfant avec un TDAH démontre ses défis partout. Un enfant avec un TOP peut présenter une opposition sélective : certains adultes, certaines situations, ou certains contextes.
Comment aider un enfant présentant un TDAH, un TOP ou les deux ?
Chaque enfant peut bénéficier d’un plan d’intervention personnalisé. Dans notre pratique, trois types d’accompagnement sont particulièrement efficaces :
Psychoéducation – Enfant et Parent
La psychoéducation offre des outils concrets pour :
diminuer les crises,
structurer la routine,
modifier les interactions parent-enfant,
réduire les conflits,
soutenir la régulation émotionnelle.
C’est un pilier central pour le TOP, mais aussi un complément précieux lors d’un TDAH.
Lorsque les difficultés d’attention, d’impulsivité ou d’organisation sont au premier plan, une évaluation neuropsychologique complète :
précise le diagnostic,
permet de comprendre les forces et défis de l’enfant,
oriente les interventions scolaires,
guide les stratégies à la maison.
Psychothérapie (enfant, adolescent, famille)
Selon l’âge et les besoins, la psychothérapie vise à :
renforcer les habiletés émotionnelles,
réduire la colère et l’impulsivité,
développer l’estime de soi,
améliorer les relations familiales.
Quand consulter ?
Vous pourriez envisager une évaluation si vous observez :
des crises fréquentes ou intenses,
une opposition persistante,
une détérioration du climat familial,
des difficultés d’attention significatives,
des retours scolaires préoccupants,
un épuisement parental.
Il ne s’agit jamais de « trouver ce qui ne va pas » chez votre enfant. Il s’agit plutôt de comprendre, afin de mieux intervenir… et de retrouver un climat plus serein à la maison.
En conclusion : comprendre pour mieux accompagner
Le TOP et le TDAH présentent parfois des signes qui se croisent, mais ils n’ont pas les mêmes origines, ni les mêmes impacts sur l’enfant et sa famille. Faire la distinction entre les deux, ou identifier leur cooccurrence, est une étape essentielle pour offrir à l’enfant les interventions les plus adaptées.
À notre clinique de psychologie, psychoéducation et neuropsychologie à Montréal, nous accompagnons les familles avec une approche humaine, rigoureuse et respectueuse du développement de l’enfant.
Si vous ressentez le besoin d’être guidés, de comprendre ce qui se passe ou d’obtenir une évaluation complète, notre équipe est là pour vous soutenir.
FAQ – TOP vs TDAH
1. Comment savoir si mon enfant a un TOP ou un TDAH ?
La distinction nécessite une évaluation faite par un psychologue, neuropsychologue ou psychoéducateur. Le TDAH touche la régulation attentionnelle ; le TOP touche la gestion émotionnelle et la relation à l’autorité.
2. Est-ce que le TOP et le TDAH peuvent exister ensemble ?
Oui. Ils coexistent fréquemment (40 à 60 % des cas).
3. Quels sont les signes principaux du TOP ?
Colère fréquente, irritabilité, opposition, provocations, conflits persistants.
4. Quels sont les signes principaux du TDAH ?
Inattention, impulsivité, agitation, oublis, difficulté à terminer les tâches.
5. Est-ce que mon enfant est opposant… ou impulsif ?
Un enfant opposant cherche souvent le rapport de force. Un enfant impulsif perd le contrôle malgré lui.
6. Est-ce que la psychoéducation peut aider ?
Oui, c’est une intervention très efficace pour réduire l’opposition et soutenir les parents.
7. Quand consulter ?
Lorsque les crises deviennent fréquentes, le climat familial se détériore ou que l’école se dit préoccupée.
8. L’évaluation du TOP ou du TDAH, ça ressemble à quoi ?
Rencontres, questionnaires, tests neuropsychologiques, ou encore observation des milieux.
9. Le TOP ou le TDAH disparaissent-ils avec l’âge ?
Ils évoluent, mais avec le bon soutien, leur impact peut être nettement réduit.
10. Où consulter à Montréal ?
Dans une clinique offrant psychologie, psychoéducation et neuropsychologie spécialisées en enfance et en famille.

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