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TDAH ou anxiété : comment comprendre ses difficultés de concentration ?

il y a 50 minutes
3 min de lecture
Femme vue de dos regardant par la fenêtre, un livre ouvert devant elle sur une table en bois.

Vous relisez le même courriel sans en retenir le contenu. Vous repoussez une tâche importante, puis vous y pensez toute la soirée. En réunion, vous perdez le fil, alors que vous faites de votre mieux pour écouter. Quand ces situations se répètent, une question peut se poser : est-ce un TDAH, de l’anxiété, ou les deux ?


Les difficultés de concentration ne sont pas propres au TDAH. L’anxiété peut aussi perturber l’attention. Pour comprendre ce qui se passe, il faut regarder au-delà du symptôme : depuis quand est-il présent, dans quelles circonstances apparaît-il et quelles sont ses conséquences ?


Pourquoi le TDAH et l’anxiété peuvent se ressembler


Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, ou TDAH, peut entraîner de

s difficultés persistantes à soutenir son attention, à s’organiser ou à terminer ses tâches. Chez l’adulte, l’hyperactivité peut notamment prendre la forme d’une agitation intérieure.


L’anxiété, de son côté, peut occuper une place importante dans les pensées. Lorsque les inquiétudes sont difficiles à mettre de côté, suivre une conversation ou avancer dans un dossier peut demander davantage d’efforts. Des problèmes de sommeil et de la fatigue peuvent aussi s’ajouter.


Dans les deux cas, la personne peut avoir l’impression d’être distraite, débordée ou incapable d’avancer comme elle le souhaiterait. Ces ressemblances expliquent pourquoi il est parfois difficile de faire la distinction seul.


Le TDAH et l’anxiété peuvent aussi perturber la mémoire de travail, cette capacité à garder une information en tête le temps de l’utiliser, par exemple pour suivre une consigne ou reprendre une tâche après une interruption.


Une même difficulté peut avoir plusieurs explications


Mains posées sur un ancien cahier scolaire et un carnet récent, évoquant le parcours de l’enfance à l’âge adulte.

Prenons la procrastination. Une personne peut repousser un dossier parce qu’elle peine à organiser les étapes et à se mettre en action. Une autre peut éviter de commencer parce qu’elle craint de se tromper ou de produire un travail imparfait. Les deux peuvent aussi se reconnaître dans ces situations.

Même chose pour une conversation dont on perd le fil : l’attention peut être attirée ailleurs ou accaparée par une inquiétude.

Ces exemples illustrent des mécanismes possibles. Ils ne permettent pas, à eux seuls, d’identifier un TDAH ou un trouble anxieux.


Ce que l’histoire des difficultés peut nous apprendre


Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental : certains symptômes doivent avoir été présents avant l’âge de 12 ans. Une réussite scolaire ou un entourage très structurant peuvent avoir rendu les difficultés moins visibles.


Lors d’une consultation, le professionnel s’intéresse notamment aux questions suivantes :

  • Les difficultés étaient-elles déjà présentes pendant l’enfance?

  • Se manifestent-elles au travail, à la maison et dans d’autres contextes?

  • Quelle place les inquiétudes prennent-elles au quotidien?

  • Comment le sommeil, l’humeur et les événements récents influencent-ils la situation?


L’anxiété peut elle aussi commencer tôt et persister dans le temps. La distinction ne se résume donc pas à « depuis toujours » ou « depuis une période stressante ». C’est l’ensemble du parcours qui compte.


Personne devant un ordinateur portable, tenant ses lunettes d’une main et utilisant le pavé tactile de l’autre.

Peut-on avoir un TDAH et de l’anxiété?


Oui. Un TDAH et un trouble anxieux peuvent coexister. L’évaluation doit alors tenir compte des deux, plutôt que de chercher une seule explication à toutes les difficultés.

Il faut également considérer d’autres possibilités. Un manque de sommeil, une dépression ou certains problèmes de santé peuvent contribuer aux difficultés d’attention. Un changement récent mérite donc d’être exploré, même lorsqu’on se reconnaît dans des descriptions du TDAH.


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