L’impact des écrans sur l’attention des enfants : faut-il une évaluation neuropsychologique?
- Amélie Kijek
- 5 nov.
- 5 min de lecture

Introduction
De nos jours, les écrans (tablettes, téléphones, ordinateurs, téléviseurs) font partie intégrante du quotidien des enfants. Si certains usages sont utiles (apprentissages, communication, loisirs), une exposition excessive ou mal régulée peut avoir des effets négatifs sur l’attention, la concentration et les apprentissages. Alors, comment faire la différence entre une simple période d’ajustement et un besoin de consulter en neuropsychologie ? Quand envisager une évaluation ?
Comment les écrans peuvent influencer l’attention ?
Une utilisation prolongée d’écrans de loisirs peut affecter la capacité à soutenir l’attention sur une tâche plus « calme » ou moins stimulante.
Les contenus très dynamiques (jeux vidéo rapides, vidéos courtes, réseaux sociaux) sollicitent beaucoup le système d’attention, créant une sorte d’habituation à des stimulations fortes, ce qui peut rendre la concentration plus difficile dans des contextes scolaires ou de devoir.
Une mauvaise hygiène d’écran (utilisation tardive, multitâche, dans un environnement distrayant) peut favoriser fatigue cognitive, lenteur de traitement, oublis, ou irritabilité.
Les enfants ayant déjà des vulnérabilités cognitives (fonctions exécutives moins efficaces, mémoire de travail fragile) peuvent être particulièrement affectés.
Bonnes pratiques au Québec : les recommandations officielles
Voici les repères et conseils issus de la politique québécoise pour une utilisation équilibrée des écrans, à adapter selon l’âge de l’enfant.
0-2 ans :
Aucun temps d’écran de loisir recommandé.
Ne pas laisser de télé ou écran allumé en arrière-plan, car cela nuit aux interactions et à l’attention du tout-petit.
Favoriser le jeu libre, la manipulation, l’interaction avec l’adulte.
2-5 ans :
Maximum 1 heure par jour pour les activités de loisir écran, et encore : encadrée et supervisée.
Choisir des contenus de qualité, adaptés à l’âge, de préférence interactifs, éducatifs.
Utiliser l’écran dans un lieu commun (pas dans la chambre de l’enfant).
Prévoir des pauses après environ 30 minutes pour prévenir la fatigue visuelle.
6-12 ans :
En règle générale, pas plus de 2 heures par jour pour les écrans de loisir (mais dépend fortement du type de contenu, contexte, caractéristiques de l’enfant).
Surveillance accrue : privilégier les contenus éducatifs ou de qualité, éviter que l’écran devienne un substitut systématique d’activités physiques, sociales ou créatives.
L’appareil doit idéalement rester dans un espace parent-accessible (et non systématiquement dans la chambre de l’enfant).
13-19 ans :
Pas de durée précise prescrite, mais on recommande d’évaluer l’usage selon : le contenu (études vs loisirs), le contexte (moment de la journée, multitâche), et les caractéristiques individuelles (sommeil, santé mentale, attention).
Favoriser un dialogue avec l’adolescent sur ses usages, et fixer ensemble des règles claires.
Les signes d’alerte à surveiller
Si après avoir mis en place les bonnes pratiques (voir ci-dessus) vous constatez :
Difficulté persistante de concentration, même dans les tâches que l’enfant apprécie.
Oublis fréquents, difficulté à suivre plusieurs étapes d’une consigne.
Lenteur ou fatigue cognitive importante après des temps d’écran ou devoirs.
Impact sur les résultats scolaires, ou remarque des enseignants sur l’attention/fluctuation.
L’enfant semble irritable, s’ennuie, décroche facilement dès que l’activité n’est plus « écran ».
Alors, il peut être opportun d’envisager une évaluation neuropsychologique pour mieux comprendre le profil cognitif de l’enfant : attention, mémoire de travail, fonctions exécutives, vitesse de traitement.
Pourquoi une évaluation neuropsychologique peut aider
Elle permet d’identifier ce qui se cache derrière les difficultés d’attention : est-ce surtout l’usage des écrans ou y a-t-il une vulnérabilité cognitive (ex. : fonctions exécutives, mémoire) ?
Elle fournit des recommandations personnalisées : aménagements scolaires, stratégies à la maison, guidance parentale.
Elle permet de rassurer l’enfant, la famille et l’école, de clarifier les étapes à suivre.
Elle permet d’agir tôt, ce qui est souvent plus efficace.
Conseils pratiques pour encadrer les écrans à la maison
Voici un plan d’action concret :
Établir un « plan d’écran » familial
Avec l’enfant, définissez des “heures d’écran”, des types d’activités autorisées, des zones interdites (ex. chambre, pendant les repas).
Affichez ce plan à un endroit visible.
Appliquez-le de façon régulière, tout en restant flexible dans certaines occasions (vacances, anniversaire).
Favoriser les transitions et les pauses
Après ~30 minutes d’écran, prévoir une pause active (marche, étirement, jeu physique).
Annoncez l’arrêt d’écran 5-10 minutes avant pour éviter les conflits.
Choisir des contenus de qualité
Pour les plus jeunes : privilégier des émissions ou applications éducatives, accompagnées de l’adulte.
Pour les plus âgés : privilégier les usages avec objectif (apprentissage, création), pas uniquement passif.
Usage dans des zones communes
L’écran dans le salon ou la salle familiale, pas systématiquement dans la chambre.
Permet à l’adulte de superviser et de garantir que l’enfant ne soit pas isolé face à un usage excessif.
Modéliser un bon comportement
Les parents/adultes doivent aussi réfléchir à leur usage des écrans : limiter leur propre exposition, privilégier des moments sans appareil, être présent à l’enfant.
Éteindre les écrans pendant les repas, ou instaurer “zone sans écran”.
Favoriser la diversité des activités
Encourager des alternatives : jeux de société, lecture, sport, bricolage, musique.
Plus l’enfant a accès à des activités non-écran stimulantes, moins l’écran devient le seul recours.
Régler les moments d’écrans tardifs
Éviter l’écran dans l’heure qui précède le coucher, car cela peut nuire au sommeil, et par effet domino à l’attention le lendemain.
En conclusion
Les écrans font désormais partie de la vie de nos enfants et dans de nombreux cas, ils peuvent être un outil formidable. Toutefois, une utilisation non encadrée ou excessive peut fragiliser l’attention, la concentration et la réussite scolaire. En adoptant une approche proactive (i.e. fixer des règles claires, choisir des contenus adaptés, varier les activités, et surveiller les signes d’alerte), vous mettez toutes les chances de votre côté. Et si vous observez des difficultés d’attention persistantes malgré ces efforts, considérer une évaluation neuropsychologique peut être un choix pertinent pour accompagner l’enfant efficacement.
Contactez-nous dès aujourd’hui pour discuter d’une évaluation neuropsychologique et voir comment nous pouvons vous guider.
Notre approche
À l’interphase, notre équipe pluridisciplinaire est composée de neuropsychologues, de psychologues et de psychoéducateurs.
Avant toute prise en charge en psychoéducation ou en psychologie, un diagnostic rigoureux est réalisé par nos neuropsychologues, dont Vincent Migneron-Foisy, Alixia Demichelis et Émeline Wyckaert, qui possèdent une solide expertise dans l’évaluation du fonctionnement neuropsychologique des enfants et des adolescents.
En psychoéducation, Béatrice Villemure offre un accompagnement individualisé visant à soutenir le développement des habiletés sociales et de la gestion des émotions chez les jeunes, tout en guidant les parents dans l’implantation de stratégies concrètes à la maison.
Du côté de la psychologie, Noémie Lardinois, Samera Bijjou et Marie-Andrée Rousseau interviennent auprès des enfants et de leurs familles en proposant des approches thérapeutiques adaptées aux profils et aux besoins spécifiques.
Conclusion
Avec un accompagnement adapté et des outils concrets, votre enfant peut progresser et la vie familiale peut redevenir plus sereine.
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Notre adresse :
L'interphase - Clinique de psychologie et de neuropsychologie
410 Rue St Nicolas, Montréal, QC, Canada
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